À 1 km de Cravant-les-Coteaux, le Sanctuaire Carolingien de Cravant (localement dénommé « la Vieille Église du Vieux Bourg« ) se love sur les rives du ruisseau St-Mexme, au coeur des chemins ombragés tant convoités par les amateurs de randonnées.

Cet harmonieux monument, riche du premier art roman tourangeau, est l’un des plus intéressants de la région et sa nef reste l’un des rares types bien conservés de l’architecture religieuse carolingienne.

Les coteaux alentour, réputés pour leur production de vin de garde, révèlent bon nombre de manoirs et de curiosités archéologiques.

Avec certaines de ses parties remontant au IXe siècle et construites sur des traces du VIIe, cet harmonieux monument riche du premier art roman est historique à plus d’un titre : classé lui-même Monument Historique depuis 1913, les deux piliers mérovingiens qu’il contient le furent à leur tour en 1963, et la fresque de la chapelle Sud représentant l’allégeance à Notre Dame fut enfin inscrite à l’Inventaire Supplémentaire en 1975.

Ancien évêque d’Autun, Léger fut assassiné dans le bois de Sarcin (forêt de Lucheux) le 2 octobre 678 sur ordre du maire du palais du royaume mérovingien de Neustrie, Ebroïn, qui déjà l’avait martyrisé deux ans plus tôt en lui faisant arracher les yeux, la langue et les lèvres… Bouleversé par un tel acharnement, le roi convoqua un synode pour autoriser le culte des reliques du saint martyr et ses dépouilles furent transportées à Poitiers, au Monastère de Saint-Maixent où il avait été abbé. C’est en souvenir de ce transfert abondamment relaté par Grégoire de Tours, que le site fut placé sous son vocable.

Désaffecté par le Culte près de mille ans plus tard, en 1863, à l’occasion du déplacement du bourg, le sanctuaire Saint-Léger de Cravant échappa miraculeusement à la démolition et fut mis en vente aux enchères publiques le 8 janvier 1865.

Il fut alors acquis par la Société Archéologique de France qui le revendit le 2 Mars 1933, pour cent Francs, à l’Association des Amis du Vieux Cravant créée le 25 Décembre 1932, jour de Noël, par le Chanoine Audard, curé de Cravant.

L’Association est encore à ce jour propriétaire de ce joyau de l’architecture cultuelle.